Prêtes-toi au Je/Jeu

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Chapitre V

 

Chapitre V

« Tais-toi mon cœur »   

Dionysos

 

 

Il a fait ses valises, il est parti. Adrien s'en est allé. Un mot sur la porte : « C'est peut être mieux là-bas »

Etonnant. Adrien n'a jamais aimé partir. Il n'a jamais aimé grand chose. Il n'aime pas travailler, il n'aime pas le café. Il n'aime ni son père, ni ses conseillers financiers. Ni la difficulté, ni la facilité. Enumérer ce qu'il aime serait plus évident : La lecture, le piano, et lui-même. Mais je crois qu'il aime aussi les belles voitures, le calme et la luxure. J'entends un bruit sourd, je tends l'oreille. Ca ressemble à de la musique. Du piano. Je tape à la porte : aucune réponse. Je frappe plus fort : toujours rien.

-         Adrien ! Adrien ouvre moi ! Merde Adrien, c'est où là-bas ?! Ouvre cette putain de porte ! ADRIEN !

Je cogne maintenant dans la porte, qui ne semble pas vouloir céder. Puis, dans un claquement, le verrou cède. La Maison de Yann Tiersen parvient alors clairement à mes oreilles. J'entre un pas après l'autre, m'enveloppant de cette douce mélodie aux sonorités pourtant si mélancoliques. Je m'avance dans le corridor, arrive au salon. J'approche maintenant de la chambre d'Adrien, la porte est entrouverte. Mes pas ralentissent, les battements de mon cœur s'accélèrent. Je pose ma main sur la porte, puis sur mon cœur. Trouverais-je le courage de pousser cette porte ? Une larme s'écrase sur le plancher. J'ouvre la porte. Adrien gît sur son lit, le regard vide. Des boites de médicaments vides jonchent le sol. Une autre larme.

-         MERDE ! Non, non, NON !

J'appelle une ambulance, m'assois sur le bord du lit, et prends délicatement sa tête entre mes mains. Il me regarde et murmure avec difficulté :

-         Il…il fait beau et tout est vierge du souvenir de ce cauchemar, de ce passé…

-         Valérie Valère ? Pourquoi est ce que…

-         Tout est vierge de mémoire comme si je venais de naître…

Il respire maintenant difficilement, sers plus fort mes doigts, mais continue à débiter ce discours morbide

-         renaître dans un lieu que peut être j'avais déjà… que peut être j'avais déjà connu mais n'avais jamais vu …

Ce furent ses dernières paroles. La vie l'avait quitté en un souffle, laissant derrière elle un vide sinistre.

 

 

 

picture by nakedtears6



Article ajouté le 2008-09-09 , consulté 38 fois

Commentaires


Spyrall le 06/10/2008 à 10:23:36
Waow... Il faut avoir le coeur bien accroché, mais c'est drôlement bien écrit, et très prenant ! (tout lu d'un trait)

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