c) Chapitre II
Chapitre II
Une vie passée
Le soir même, elle me propose de l'accompagner à une soirée. J'accepte, une nouvelle fois. Je veux vivre, ressentir. Réapprendre à rire, à sentir, à sortir, à aimer.
Je rentre lentement chez moi, je ne veux pas arriver trop vite.
Je sortais, avant… Avant qu'Il n'arrive, avant que mon cœur ne trouve un maître, avant qu'il ne soit esclave de son sourire, avant…
Ma porte. Je tourne péniblement les clefs dans la serrure. Il va falloir rouvrir cette vieille armoire au parfum âcre de souvenirs indésirables.
Je les avait rangé ici, sans avoir le courage de les jeter. De jeter cette robe rouge, dans laquelle je t'avais plue pour la première fois, quand tu pensais que j'étais exceptionnelle, que j'étais comme toi.
De jeter ces bijoux, cette came, ces sous-vêtements…
Ces vestiges de mon passé me rappelaient combien la vie était imprévisible. En l'espace d'une nuit, j'étais devenue une femme politiquement correcte, une femme qui réprime ses pulsions, une femme soumise, une femme malheureuse…
Je mets de la musique. J'augmente le volume. Plus fort, toujours plus fort. Je me déshabille, et tourne sur mon même. Face à la glace commence alors une longue autopsie de mon corps. Mes os sont saillants, mes ongles, cassés, mes cheveux, négligés, ma peau est rêche, abîmée par tes caresses. J'ai tellement changé…
Je prends alors un bain, priant pour que l'eau emmène avec elle toutes ces impuretés.
Je me relève lentement, les bras en croix sur ma poitrine, les yeux clos. J'attrape une serviette, et me dirige vers le miroir. Il ne me mentira pas. J'ouvre les yeux, mais garde la tête baissée. Mes cheveux ruisselants inondent mon visage. Je relève la tête. Si j'avais pu pleurer, je l'aurais fait, mais je suis vide à présent. Adrien m'a vidé. Je laisse tomber la serviette à mes pieds, et me dirige vers l'armoire. Mes vêtements qui se voulaient moulants sont devenus amples…Mon bustier soutient du vide, mes formes ont disparues, emportant avec elles ma joie de vivre.
Je peigne maintenant mes cheveux. Ils sont tellement longs…Je rencontre un nœud. Je m'emporte alors, et coupe cette mèche.
Puis une autre, puis un autre, encore une autre…J'ai maintenant les cheveux à longueur d' épaule. Je les sèche. Ils ondulent lentement jusqu'à former de belles boucles brunes. J'avais oublié à quel point j'avais de beaux cheveux. Je sourie un peu plus. J'ai maintenant hâte de me maquiller. Le contact du pinceau sur ma peau me chatouille : j'en avais perdu l'habitude. J'applique du noir sur mes yeux bleus, ils paraissent maintenant si beaux…Je ressens maintenant un début d'euphorie que je croyais alors banni de la liste de mes sentiments.
L'excitation monte alors, et atteint son apogée lorsque enfin je passe la main dans mes cheveux.
J'attrapes mes clefs, et descend dans la rue. Il fait un peu froid.
Je surprend le regard des hommes. J'esquisse un sourire : ce matin à peine on oubliait que j'existais. Je marche vite, pressée de retrouver un monde que j'avais quitté pour un autre beaucoup moins plaisant. Sam attendait à l'entrée, une cigarette au coin des lèvres, accompagnée d'hommes que je ne connaissais pas.
Il est minuit…J'entre.
La musique, le parfum de tous ces corps en transe, ces verres à moitié vides, à moitié pleins, cette fumée, ces rires, cette musique, cette musique ! Je surprends mes jambes à s'agiter, mes yeux à se poser sur tous ces corps à demi-nus animés de pulsions que leur inspire la nuit, ma bouche goûter à tous ces verres, à l'ivresse de leurs lèvres, mes mains à parcourir tous ces corps étrangers.
Sam me prend la main. Elle m'emmène sur un des canapés. Sur la table, des verres vides, de la poudre blanche… Je me laisse faire, docile. L'explosion. Je ne m'appartiens plus. Tout me semble si simple. Pourquoi penser ? Tout est si facile Tout est là, sous mes yeux, et j'ai toujours refusé de le voir. La vie ne tient qu'à peu de choses. Le bonheur en fait parti. Finalement, Adrien n'est qu'une façade. Un mur de glace qui s'effrite, et finira un jour par crouler sous le poids d'une vie qui le fuit.

Commentaires
Marie (créatrice du bog) le 10/06/2008 à 19:04:25Merci!
J'essayerai de tenir compte de tes conseils, ils me semblent avisés!
J'ai conscience de certaines répétitions qui sont parfois volontaires. Je ne pensais pas qu'elles seraient désagréables. Merci encore.
Pour ce qui concerne le site des jeunes talents, je ne pense pas m'y inscrire pour l'instant. Mais c'est gentil d'avoir donner l'info.
Bonne continuation dans ce que tu fais, si j'ai l'occasion de lire (si tuveux m'envoyer un lien).
rara le 10/06/2008 à 14:30:00
Bonjour
J'ai tout lu de l'intro au chapitre 2, tu écris très bien mais tu veux tellement qu'on ressente ce que tu ressens que tu es un peu trop répétitive. Courage tu as un style. Si tu veux tu peux t'inscrire à SFR jeunes talents, mais nous les écrivains on est si nombreux! Dix ans que j'écris et au bout presque rien...