d) Chapitre III
Chapitre III
Juste un peu plus
Le bruit de la pluie sur les carreaux me réveille.
Il fait jour…J'ouvre un œil, puis l'autre. Je fixe le plafond d'une pièce inconnue.
Comment est ce que je m'appelle ?
Où est ce que je suis ? Ma tête tourne… Au prix d'un pénible effort, je me lève, et m'assois sur le bord du lit, la tête entre les mains. Mes souvenirs me reviennent lentement. Je relève la tête, et bondis hors du lit. Autour de moi gisent une dizaine d'hommes nus, et Sam, nue elle aussi. Elle s'étire lentement et me demande si je veux du café. Je n'y comprends plus rien.
- « Merde Sam ! Qu'est ce que je fais ici ?
- Hé ! Du calme chérie ! Tu as dormi comme un bébé. On t'a amené chez moi hier après que tu ai commencé à délirer.
- A…délirer ?
- Ouais. Du lait avec ton café ?
- J'me tire !
- Hé ! Mara…
Je claquais la porte, et sortais rapidement. J'arrive alors dans une rue sale, étroite. Je cours. Les gouttes d'eau martèlent mon visage. Je cours…Plus vite cette fois. J'aimerai laisser derrière moi tous ces vieux démons. J'aimerai pouvoir tout quitter, courir jusqu'à en mourir, m'envoler, tout envoyer balader. Bye bye Adrien, Ciao les études, Adieu la routine ! Au revoir papa, maman, chien, chat, poisson rouge, amis, université, obligations, contraintes, complexes, tristesse, habitudes, pluie, pavés usés, souvenirs, larmes, murs gris, parapluies, monotonie, feuilles mortes, hypocrisie, cris, suicides, cachets, maux de têtes, insomnies…Au revoir oppression !
Bonjour liberté ! Tu m'entends Adrien ? Je veux vivre ! J'ai comme une envie d'hurler. Hurler, HURLER ! J'affiche un sourire qui semble dire d'aller se faire foutre. Je contournerai les principes parce qu'ils sont mauvais, et non parce qu'il est d'usage chez cette jeunesse désabusée, précoce, de vouloir les contourner. Parce qu'au final, nous ne savons même plus qui nous sommes. Dans le miroir, une inconnue. Le sens même de la vie semble s'être dissipé. Des vies similaires, des buts communs, des fantasmes inavoués.
L'Amour…Ah, l'amour. Une façon de dire « tu es à moi ». L'amour : s'approprier l'inapproprié, s'approprier l'autre. Un cœur, un cul. Un cul pour deux, pour toi, pour trois. Pourquoi compartimenter l'amour ? Amour ne connaît de synonymes. Il se suffit à lui-même. C'est parfois même plus beau, plus jouissif que le sexe.
Mais toi Adrien, tu n'aimeras jamais que toi-même. Toi, toi et toi !
Si tu savais comme je te déteste, si tu savais comme je t'aime ! Aime moi je t'en supplie ! Aime moi…
Je cours à reculons : tout me rattache à toi. A toi Adrien, A TOI !
Aime moi…Juste un peu, juste un peu plus.
picture by screed3000

Commentaires
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le 14/09/2008 à 20:59:10